Le pin solitaire (route de Villecomte)

Sa démographie au cours de sa longue histoire

Selon Courtépée, célèbre historien dijonnais, Chaignay est très ancien et existait probablement lors de la conquête romaine, en 58-52 avant notre ère. Son nom vient de "casnedus" (lieu planté de chênes) . Il en est fait mention dans des archives pour la première fois en l'an 800, lors de la visite de missi dominici de Charlemagne à Lux. (1)

Le village fut brûlé par les Normands (2) , comme beaucoup d'autres dans la région, et rebâti par l'abbé de St Bénigne qui lui donna une importance qu'il ne devait plus retrouver par la suite, certains parchemins indiquent en effet que la population était alors de 900 habitants, alors qu'elle ne devait plus, par la suite, dépasser 600 habitants.

Chaignay fut à nouveau détruit lors de l'invasion de Gallas en 1635, par les troupes royales le poursuivant.
 

Le village fut administré longtemps par l'Abbaye de St Bénigne, et ne s'affranchit que tardivement, et progressivement de la tutelle des moines dijonnais. Ils possédaient à Chaignay des domaines importants : le lieu-dit « le dîme » (3) au centre du village, un plateau de terres à l'Ouest et de vastes batiments en rue basse, pour entreposer les récoltes.
 

Vers 1670, la population de Chaignay était d'environ 600 habitants. Au 18é Siècle le croît naturel est positif mais la population reste stable jusqu'en 1800 : beaucoup de jeunes ménages s'installent dans les villages voisins. Une série de gelées en 1709-1710 entraîne une disette qui tua près de 15 % de la population dans la région. Au cours du 19é siècle les décès dépassent les naissances et l'exode rural vide le village : nous passons de 600 habitants en 1780 à 350 en 1900.
Si les décès baissent en nombre, il en est de même pour les naissances. Cela est dû à l'affaiblissement du poids de la religion, au développement du machinisme agricole qui réduit l'importance du travail des enfants, à la volonté des paysans de ne pas morceler leur patrimoine et au souci des parents d'assurer la promotion sociale de leur descendance. Autant de facteurs qui ont entraîné une diminution de la moitié de la population en un siècle .

Des facteurs locaux ont joué également, principalement le phylloxera et l'arrivée des vins du Midi, de meilleure qualité, qui ont entraîné l'abandon progressif de la vigne. Rappelons que Chaignay était à cette époque un village d'importance viticole.

Au 19é, c'est la stabilité , après les guerres de la révolution et de l'Empire, le croît naturel redevient positif .

Au 20é siècle, la population se stabilise autour de 350 habitants, mais le nombre des naissances diminue fortement (guerres de 14-18 et 39-45).
 

Enfin, facteur extérieur, le développement de Dijon et de nouvelles habitudes de vie poussent de nombreux citadins à revenir à la campagne, permettant à la population et aux naissances d'augmenter à nouveau, tendance qui sera certainement durable et permettra pour la première fois depuis la révolution à Chaignay de se développer.

Le cap des 500 est franchi en 2007, CHAIGNAY compte aujourd’hui 548 habitants.

 

 

(1) Missi dominici : envoyé spécial chargé de vérifier la gestion sous les carolingiens
(2) Normands : ou nor-man : les vikings
(3) Dîme : impôt ecclésiastique égal au dixième de la récolte


 

 

 

 

 

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