METTEPAIN
CASNEDOIS, CASNEDOISES

Sans doute ignoriez-vous que les habitants de Chaignay portaient cette appellation !

Vous saviez peut-être , si vous êtes habitant, que ce nom de Chaignay, quant à lui, vient de "lieu planté de chênes", tout comme la localité de Chaignot, aujourd'hui Varois et Chaignot à quelques kilomètres au Nord-Est de Dijon.
Ces deux villages, avec d'autres, comme Rouvres en Plaine, Bèze, étaient des dépendances de l'abbaye de Saint Bénigne. Ladite abbaye, dont il reste encore aujourd'hui des bâtiments intacts à Dijon (à proximité de la cathédrale : le musée archéologique lui-même et la cité universitaire de la rue du Dr Maret), en avait d'autres à Chaignay.
Plusieurs historiens se sont penchés sur cette relation chêne-CHAIGNAY ou CHAIGNOT. Mais comme toujours, leurs avis divergent !

L'abbé Philippe GARNIER nous dit que le nom de CHAIGNAY, CASNEDUS en 869, dérive de Casnedus, lieu planté de chênes (ou chênaie),
«
soit que le village ait pris naissance auprès d'un chêne, soit que son propriétaire ait porté le nom de cet arbre ».
Il faut savoir en effet que les noms de personnes étaient des dérivés de noms usuels (plantes, métiers, animaux, etc..). La proximité des forêts nous semble malgré tout l'expliquer plus facilement.

Les formes anciennes que nous trouvons, chronologiquement, sont les suivantes :
Casnedum  en 871, avant 880, 1003, 1092 (Chronique de St Bénigne, p.100, 107, 171, 203), 1101, 1124, 1193 (Pérard, p.204, 217 et 268)
Casnedus major  en 1077-1112 (Chr.de Bèze p.200)
Casnetum (Chr.de Bèze p.458)
Castnedum ou Casnetum, 1177 (Pérard p.249)
Chasmetum  ou Chanetum (1182 dom Plancher, I, p60)
Casnethum ou Casnethum magnum (1185 fonds de la commanderie du Temple de Dijon, d'après Petit, III, 261)
Chaigné 1275 (G 380) Chaaignay 1291 (S.Bén H55)
Chanay, Chaignay 1292 Chaignetum 1323 (H 83)
Chaigna la sot 1340 (H55) Chaignayum (1341
Chaingnay 1369 Chaignai 1375
Chainay, Chaisnay 1600 (Vausse)
Chaigney 1603 Chaignet 1675

Les historiens BERTHOUD et MATRUCHOT nous disent à  propos de ces formes d'éthymologie du nom :
«
Dans l'acte de 1124 par lequel le pape CALIXTE II  (1) confirme les biens et privilèges de l'Abbaye, on lit : « …CASNEDUM villam, itérum CASNEDUM… ». En 1177 (confirmation par le pape ALEXANDRE III), « …villam CASTNEDUM, item CASNETUM… ». En 1193 (confirmation par le pape CELESTIN III), même difficulté : « …villam CASNEDUM, item CASNETUM… ».
C'est seulement dans un acte dont la date est comprise entre 1077 et 1122 et qui porte « CASNEDUS major et minor… » que la distinction est nette : CHAIGNAY, le plus important, est CASNEDUS major, tandis que CASNEDUS minor désigne CHAIGNOT … »

Le thème éthymologique est Casnetum, formé sur le bas-latin casnus, forme altérée du celtique cassanos, chêne.. Casnedum a donc exactement le sens de chênaie, lieu où abonde le chêne.
Les nombreux Chênay et Chesnay, Chênoy, Chesnoy, Chânois, Chânay, de la France de langue d'oïl, ainsi que les Quesnay, Quesney, Quesnoy (ou ou sans l'article) des pays de dialecte normand, picard ou wallon.
Lelieu-dit "le chinois" à Essarois (21) est un homonyme

Laissons les historiens terminer cette page sur l'origine du nom de notre village :

Gérard TAVERDET, pense que CHAIGNAY, CASNEDUM en 878 est un peu plus ancien que CASSANETUM, « lieu planté de chênes ». Les suffixes OT et AY n'ont suffit qu'à distinguer les deux villages de CHAIGNAY et CHAIGNOT.
Quant à Auguste VINCENT, il nous dit qu'en vieux français chêne se dit «
chasne », en gaulois « cassano », les dérivés en seraient CHAIGNAY et CHAIGNOT

Il faudra malgré tout beaucoup de temps pour s'affranchir des diminutifs de major et minor, puisqu'on trouve quelques fois des CHAIGNAY en MONTAGNE, qui l'eut crû !

(1) Le pape Calixte II, Gui de bourgogne,était le 162ème  pape catholique, venu à Til Châtel, alors archevêque de Vienne (Dauphiné), lors d'un synode et du baptême du fils de Guillaume de Tilchatel, à qui il transmettra son nom : Gui de Til-châtel.
Cette cérémonie eu lieu dans la nouvelle chapelle de Marcilly sur Tille afin de l'inaugurer et de la consacrer.
Gui de Bourgogne est né à Quingey (Doubs), élu pape le 1/02/1119 à Cluny, soit 3 années après sa venue à Tilchatel. Le 9 suivant, il reçu la couronne papale à Vienne (Isère). Il fut l'instigateur du pélerinage à St Jacques de Compostelle, du premier célibat sacerdotal complet dans l'église catholique (concile de Latran (1123). Il meurt au Vatican le 12 décembre 1124 après un règne de cinq ans.
Sources : Serge THOZET SHTI p.117-118 N°9 - 2011
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