Le Général DE PUYDRAGUIN

 

Louis Marie Gaston D'ARMAU,  Baron DE PUYDRAGUIN.   Général de Division

D'emblée, nous dirons que ce militaire de haut rang, n'est de Chaignay, que par sa belle famille. Puisque né, à Schlestadt (Sélestat aujourd’hui), en terre Alsacienne, le 1er Février 1862, il se mariera à Dijon le 15 Septembre 1880, à Henriette ROUGET , fille de Jean-Baptiste ROUGET et de Marie Stéphanie BEAUNE, deux noms très usuels dans notre village à cette époque comme aujourd'hui pour le premier.

Et si son cas nous intéresse ici, c'est que son parcours, civil et militaire, sera hors du commun, puisqu'il fera l'objet d'une première page dans le journal « L'Excelsior », hebdomadaire de renom durant la première guerre mondiale.

Fils d'un militaire, originaire d'Aubarède dans les Hautes Pyrénées, il naît par le hasard des affectations, en cette terre d'Alsace qui devient territoire de l'Empire allemand par le désastre de la guerre de 1870 et le traité de Francfort du 10 Mai 1871. Ce dernier laisse toutefois la latitude à ceux que l'on appellera plus tard « les malgré nous » de choisir la nationalité française.

Il optera pour cette dernière à Melun le 16 Août 1872, c'est à dire à l'âge de 10 ans, assisté par son père, Capitaine de recrutement, en garnison dans cette ville. En contrepartie de ce changement de « nationalité », l'occupant exige en effet le départ de la terre alsacienne avant le 1er Octobre 1872, et l'obligation de présenter un passeport pour se rendre sur son lieu de naissance. 158000 d'entre eux gagnent la France ou l'Algérie

Ce déchirement entre son origine alsacienne, terre française devenue germanique, sera sans doute un élément clé pour son engagement dans la carrière militaire.

Il intègre l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr à 20 ans, le 31 Octobre 1872 avec 406 élèves de sa Promotion. Il en sort 4
ème. Il poursuit à l'Ecole d'Artillerie de Chalons/Marne et est classé 6ème sur 630. Elève brillant, il enchaîne avec l'Ecole Supérieure de Guerre puis l'Ecole de l'Etat Major (Mention Très Bien).

Il va de soit que très rapidement il franchira les étapes de sous-officier, officier subalterne, pour devenir officier d'ordonnance du Général Des GARETS, avec le grade de Commandant. Il est décrit dès cette époque comme un officier de grand avenir, aux capacités hors ligne

Pendant la Grande guerre, il sera dès 1914, Colonel d'Etat Major au 4ème Bureau et Commandant du 26ème Régiment d'Infanterie (Chasseurs à pied). Il prendra ensuite le Commandement de la 15ème Division d'Infanterie et se montre chef de premier ordre. Il sera grièvement blessé le 25 Août par coups de feu à la cuisse droite au moment, où, malgré une violente attaque ennemie, il se portait en tête de trois bataillons pour les entraîner à l'assaut.

En 1915, promu Officier de la Légion d'Honneur et Général de Brigade, il est noté par le Général DEGOUTTE, Commandant l'Armée Française du Rhin, comme
« Commandant de division des plus remarquables, âme de héros, aimé de ses soldats comme de ses officiers, possédant les qualités d'activité, d'énergie et de décision qui caractérisent le Chef ». Il sera cité à l'Ordre de l'Armée cette même année et reçoit la Croix de Guerre avec palme

Il participera deux fois à la bataille de la Somme en 1916. En 1917, il est noté comme Officier Général de valeur, apte à commander un Corps d'Armée (le 18
ème ) au vu de ses brillantes qualités de commandement. Il est promu Commandeur de la Légion d'Honneur le 25 Décembre et adoubé en ces termes : « Commandant une division d'infanterie, a montré dans tous les combats auxquels il a pris part, une remarquable énergie et une brillante bravoure personnelle. S'est distingué tout particulièrement dans un secteur des Vosges et sur la Somme en 1916 »

En 1918,
promu Général de Division, il organise la 3ème Armée pour prendre un secteur sur la rive gauche de l'Oise. Il y est vigoureusement attaqué, mais manœuvre avec habileté et sang froid pour poursuivre l'ennemi et le contraindre à se replier sur l'Oise et l'Ailette.

Après la capitulation allemande du 11 Novembre 1918, il commande le 33
ème Corps d'Armée du Rhin et les troupes françaises, qui occupent la Ruhr. Belle revanche au regard de ses origines.

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