Le général DE PUYDRAGUIN (Suite)

Un témoignage de M. le chanoine Paul Schmitt : « le Hartmannswillerkopf - le  Vieil-Armand « 


« En automne 1919 ou dans la première moitié de 1920 – je ne me souviens plus exactement de la date précise – les élèves des classes terminales du lycée de garçons de Mulhouse furent conviés à une visite-pèlerinage au Hartmannswillerkopf qui ressemblait encore, à ce moment-là, à un paysage lunaire strié de tranchées et parsemé de fortins. C’est le général
Puydraguin [de Pouydraguin] qui nous guidait. Il avait dirigé lui-même les opérations du côté français. Il nous fit revivre la bataille avec ses avancées et ses reculs, ses objectifs stratégiques et les moyens mis en œuvre. A la fin de cet impressionnant exposé, devenant, si possible, plus grave encore, le général nous exhorta à rester dignes des milliers de morts qui reposaient là et il ajouta : « Par respect pour eux je vous prie instamment : Ne parlez jamais du Vieil-Armand, mais appelez toujours cette montagne « le Hartmann » ! » Ce souvenir s’est gravé dans ma mémoire et je me suis toujours conformé à cette recommandation. »

 

Bibliographie : La Bataille des Hautes Vosges : février-octobre 1915. | ARMAU DE PUYDRAGUIN, X. d' | 944.081 5 ARM FL

 

Ordre n° 422 en date du 5 septembre 1918 décerné par le Général de Puydraguin commandant le 18ème corps d'Armée - Atrribution d'une étoile d'or (pour la Croix de Guerre) à l’escadrille C 42 créée à Lyon-Bron


"Sans cesse sur la brêche depuis le mois de mars 1918, l'aéronautique du corps d'Armée a participé sans désemparer à toutes les opérations défensives et offensives du corps d'armée sous la direction habile et tenance du capitaine Pastier qui, dans la période d'hiver, s'est acharné à développer son instruction en vue d'une utilisation appropriée à ses multiples et difficiles missions. Au cours de la bataille offensive du mois d'août, par leur travail précis d'artillerie, leurs audacieuses missions d'infanterie, leur participation directe à la bataille par la bombe et la mitrailleuse et leur esprit de discipline prodiguée sans compter, ses unités, escadrilles 6, 42, 52, 234, 268, ballons 56 et 93 ont largement apporté leurs concours au commandement et aux exécutants et ont contribué pour une large part au succès du corps d'Armée."

Il sera placé dans la Section de Réserve en 1923 par le Général DEGOUTTE, Commandant l'Armée du Rhin et qui notera sur ses états de service : « Tout le monde regrette son départ, mais il est de ces officiers, si complets, à tous points de vue, que les situations difficiles leur sont toujours offertes - Mayence le 25 Décembre 1921 »

Grand Officier, puis Grand Croix de la Légion d'Honneur en 1934, il recevra plusieurs décorations étrangères : Officier du Nichan Iftikhar de Tunis, l'Aigle Blanc de 3
ème classe de Serbie, et la médaille du Service distingué des Etats Unis.

Sa peine dut être immense en 1939 lorsqu'il vit les armées allemandes franchir une nouvelle fois le Rhin pour envahir ensuite totalement le territoire national. Ce fut par contre sans doute, pour lui, un immense soulagement que la capitulation du 8 Mai 1945 et le retour des même troupes dans l'autre sens.

Il décèdera en effet quelques années plus tard à Paris le 17 Janvier 1949, après avoir vu les armées allemandes passer six fois le Rhin, trois fois dans chaque sens, lors des conflits de 1870, 1914 et 1939 ; et lui retirer de son affection, par faits de guerre, deux de ses fils sous-lieutenants, morts au champ d'honneur en 1915 dans le Pas de Calais.

 

Jean-Yves DAURELLE

Sources : Archives Ministère de la Défense--Château de Vincennes

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