Le maquis SURCOUF (Suite)

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Le Capitaine « Jacques » sort toujours avec le groupe franc, soit avec une VL 11 CV Citroën très appréciée car rapide, soit avec deux petites fourgonnettes dont l'une marquée PTT (Petit Travail Tranquille), selon son expression. Ses missions presque quotidiennes sont toujours dangereuses et tenues secrètes : beaucoup de sabotages à l'explosif, de châteaux d'eau dans les gares, de voies ferrées, de trains à Is sur Tille et même à Perrigny, et aussi des écluses sur le canal. Les accrochages avec de petits éléments allemands ne sont jamais provoqués mais parfois inévitables

Lorsque nous avons des blessés, ils sont soignés par Albertine Muller de Chaignay qui, ensuite, servira en Alsace dans l'armée régulière comme infirmière militaire. Au cours de ces actions de guérilla quelques fois des allemands sont tués. Leurs corps ne sont jamais laissés sur place par crainte de représailles et ramenés à la ferme.

Un matin, le capitaine Jacques revient le bras gauche fracturé par balle et sommairement plâtré. Malgré cela il restera toujours avec nous.

A la suite d'une regrettable méprise entre un élément Surcouf et un groupe d'un autre maquis stationné près d'Avot, le 24 Juillet 1944, trois hommes de ce maquis sont tués sur la place de Villecomte. Le maquis prenant de plus en plus d'importance il devient nécessaire de réquisitionner de nombreux véhicules et des uniformes bleu marine (venant des chantiers de jeunesse organisés par le gouvernement de Vichy).
Le commandant allemand qui chassait dans les bois près de Mortière ayant croisé plusieurs fois sur la route de Chaignay des véhicules lui paraissant suspects a sûrement jugé plus prudent de ne plus venir. Le Capitaine « Jacques » avait donné des ordres très stricts de ne pas l'abattre. C'était plus sage pour la sécurité de Mortière, du maquis, de Chaignay et même de Villecomte. Cet officier d'un certain âge déjà, ne partageait vraisemblablement pas les idées de ses chefs.

Le commando SAS anglo-canadien, sous les ordres du Capitaine John Wiesman, mène lui aussi en Jeeps des actions rapides de sabotages et de renseignements plus lointaines , comme pour le maquis SURCOUF mais toujours tenues secrètes. Grâce à cet officier, en liaison directe avec Londres, les parachutages d'armes s'intensifient encore. Mortière devient en ce domaine un lieu d'approvisionnement important en armes et munitions au profit d'autres maquis de la région dont le maquis LIBERTE. D'ailleurs un stock est même caché à Chaignay dans une grange appartenant à la Famille Muller.

Dès l'annonce du débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944, le maquis se montre plus agressif mais sa mission essentielle est toujours le sabotage de matériels ferroviaires et de voies ferrées afin de désorganiser les communications de l'armée allemande entre Dijon / Perrigny et Chalindrey (Centres de triage SNCF pour l'EST de la France ). A la demande du commando SAS, un train allemand, camouflé volontairement en convoi sanitaire, est bombardé de jour par la RAF à Is sur Tille
Depuis la ferme, par temps calme, on entend maintenant le vrombissement des convois allemands sur la route de Moloy, Tarsul, Dienay, Is sur Tille. Les allemands peut être mal informés et aussi soumis à des harcèlements sur les routes sont pressés de rejoindre le front de l'ouest. Ils ne s'attardent donc pas à Villecomte où ils ne restent qu'une nuit. La première Armée Française du général de Lattre de Tassigny, après avoir débarqué en force au sud de la France remonte la vallée du Rhône. Le commando SAS du capitaine Wiesman quitte Mortière pour une destination que nous ignorons. Le maquis Surcouf au complet leur rend alors les honneurs devant la ferme. Puis en camions, nous gagnons tous Dijon, comme d'autres maquis. La ville est rapidement libérée, les allemands s'étant retirés.


Bernard Follot -Juin 2002-

 

1) Adrien Follot habitera ensuite à Chaignay où il sera ouvrier agricole. Il y décèdera en 1988.

2) Capitaine Poy dit « Jacques », il sera lâchement assassiné en Octobre 1944 et formellement reconnu par sa mère et Raymond CHAINEAU, par sa blessure au bras.

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